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    08/09

Rencontre avec Nathalie Annoye

Qui nous parle de sa photographie

Deuxième rendez-vous avec un photographe de vie sauvage sur feub.net. Ou devrais-je plutôt dire une photographe, car il s’agit de Nathalie Annoye. Ses photos ne passent pas inaperçues, cette passionnée d’ornithologie pratique son art dans tous les milieux avec une petite préférence pour les polders et le bord de mer. Mais laissons-là elle-même nous parler de la photo by Nath!

Bonjour Nathalie, nous allons débuter par une petite présentation. Qui es-tu?

Bonjour Fabien. Je m’appelle Nathalie Annoye, j’ai 45 ans, je vis en Belgique depuis 8 ans déjà, et suis originaire du Nord de la France, le pays des ch’tis :-) J’ai grandi dans le bocage de l’Avesnois, dans un petit village de campagne.
Je pratique la photo depuis 2002, et l’observation depuis plus longtemps encore, vers l’âge de 15 ans après avoir reçu un guide ornitho en cadeau d’anniversaire. Puis j’ai arrêté quelques années et j’ai repris tout cela très activement dès mon arrivée en Belgique avant de m’équiper en matériel photo.

D’où provient ton attirance pour la photographie de vie sauvage?

J’ai toujours aimé les animaux, depuis toute petite, poils et plumes, et puis j’ai toujours vécu à la campagne, cela crée des liens très forts avec la nature.. J’aimais aussi toutes ces émissions animalières comme « Caméra au poing » avec Christian Zuber, et d’autres encore, et puis les livres sur la nature, et donc les images, je pense que tout cela est lié.
Mais c’est vraiment le numérique qui m’a permis de réaliser un rêve d’enfant, un vieux rêve mis un peu de côté par la vie et ressorti juste au bon moment. Le fait de photographier les oiseaux me rapproche d’eux aussi. Je les regarde vivre, j’observe leurs comportements entre deux photos, c’est un tout je pense.

  • Barge à queue noire (Limosa limosa - Black-tailed godwit)
  • Avocette (Recurvirostra avosetta - Pied avocet)

Je crois que tu es française du nord exilée en Belgique. Parle-nous de ta région d’adoption.

Oui, tout à fait, je vis maintenant dans le centre de la Belgique, en Brabant Wallon, une région bien sympa. Sa situation géographique me laisse le choix lors de mes sorties photo entre la côte et ses polders d’un côté, ou bien le massif ardennais de l’autre, avec ses rivières, ses paysages plus rudes sur les hauteurs du pays. Autrement dit, une grande diversité de milieux et d’espèces sur un « petit » territoire.

As-tu des sujets de prédilection? Plutôt mammifères, oiseaux… Qu’aimes-tu plus que tout avoir devant ton objectif?

J’aime autant les oiseaux que les mammifères, mais j’ai tout de même un attachement particulier pour les oiseaux, et à choisir, je dirais les limicoles, et les nocturnes. Le petite chevêche par exemple, me fascine énormément.
N’étant pas assez proche de la forêt pour y faire des suivis réguliers, je fais peu de cervidés car cela demande beaucoup de temps et de préparation que je n’ai pas toujours.

Si mes sources sont bonnes, tu es « canoniste ». Parle-nous de ton matériel.

C’est bien cela. J’ai choisi Canon pour plusieurs raisons, notamment l’ergonomie des boitiers, une douceur que je retrouve dans les images, et la qualité des optiques.
J’ai débuté avec un 100-400 mm, et après avoir comparé avec l’équivalent Nikon, mon choix s’est porté sur le Canon, plus réactif, un autofocus qui accroche mieux. Puis tout est parti de là et j’ai continué de m’équiper chez canon. Je travaille avec le canon eos 50D et le 300 f/2.8 sur lequel j’ajoute le convertisseur 1.4 ou le x2 occasionnellement.
Un peu de macro aussi de temps à autre avec le 100 mm macro que j’apprécie beaucoup aussi, et pour le paysage un simple 17/85 me suffit.

Macreuse noire (Melanitta nigra - Common scoter)

« Je cherche à restituer au mieux ce que j’ai vu dans mon viseur au moment de l’observation. »

Et niveau traitement des photos, y attaches-tu beaucoup de temps, d’importance? Retravailles-tu tes images?

Le traitement est important dans le sens où il y a toujours un petit truc à corriger sur une photo, mais pour une question d’honnêteté, je ne pratique que les réglages de base, luminosité, accentuation, parfois un petit recadrage, mais j’évite afin de garder un maximum de résolution pour l’impression.
Je cherche à restituer au mieux ce que j’ai vu dans mon viseur au moment de l’observation, et j’estime que cela se travaille sur le boitier. C’est aussi le plaisir de l’utilisation du boitier avant celui de l’ordi. Je déteste par exemple tout ce qui est HDR, qui rendent la photo trop artificielle, je préfère prendre le temps d’attendre une belle occasion, la nature est suffisamment riche et belle pour nous offrir tout ce qu’il faut. A nous d’aller vers elle et de se bouger un peu. Une belle photo se mérite.

Quel matériel informatique utilises-tu? Mac ou PC? Logiciels…

Pc pour l’instant, un Dell core2 quad, avec un bon écran « Bright » pour bien voir les détails des plumages, mais je réfléchis de plus en plus pour me tourner vers mac à l’avenir, leurs écrans sont très beaux aussi. Deux disques externes pour mes sauvegardes, et imprimante Epson 3800 pour mes tirages.
Comme logiciels, j’utilise Photoshop CS3, ACDSee pro pour le classement, Publisher pour la préparation des impressions. Et mon site est entièrement réalisé par mes soins ;-)

Tu as fait de la disgiscopie pour l’abandonner au profit de la photo « traditionnelle ». Orientation un peu à contre courant, on voit souvent des photographes s’équiper en digiscopie. Pourquoi ce choix?

Tu sais bien qu’on est jamais content, celui qui commence par la digi a envie de passer au reflex et inversement ;o)))
Non en fait il y a 2 raisons principales, l’envie de faire autre chose que de la « photo – ornitho  » d’une part, et aussi la difficulté de trouver un appareil qui convienne pour la digiscopie à chaque renouvellement, c’était chaque fois le casse tête pour trouver l’adaptateur, c’est beaucoup de bricolage.
Ensuite, il faut admettre que point de vue qualité, cela reste toujours de la photo au compact avec un piqué moyen, et j’avais envie d’évoluer de ce point de vue là, et ça, on ne le trouve que sur un boitier reflex + téléobjectif. Même chose pour la réactivité, nécessaire en animalier. Le temps de faire une photo en digi, j’en ai fait 10 au réflex ;o)
Ces derniers ont bien évolué aussi, les prix devenus  » abordables », un piqué fantastique, des arrière-plans bien flous comme j’aime, un matériel au final plus souple d’emploi puisque je peux aussi faire du vol ou photographier depuis l’intérieur de la voiture, vraiment c’est que du bonheur.
Évidemment, il faut travailler davantage son approche, faire plus d’affût, j’avais un peu peur au début de voir mes sujets trop éloignés, et finalement ça n’a pas été le cas. Mais je ne regrette pas cette période qui m’a beaucoup appris, autant sur la photo que sur les oiseaux, je me suis beaucoup amusée aussi, à une époque où cette technique était toute récente, où chacun y allait de sa petite découverte ou de son petit bricolage et le partageait avec les autres sur le net, c’était fantastique. J’en garde un très bon souvenir. Beaucoup de digiscopeurs de l’époque sont maintenant passés au reflex également.

Quelle est ton éthique photographique, ta philosophie?

Surtout ne pas déranger, c’est le plus important pour moi. Le respect avant tout. La photo oui, mais pas à n’importe quel prix. Et puis les attitudes sont tellement plus jolies lorsqu’elles sont naturelles… Donc je prends énormément de précautions, surtout en affût, j’y vais progressivement en l’installant suffisamment loin, quitte à m’approcher un peu la fois suivante si je suis sûre de ne pas gêner, et si je détecte la moindre inquiétude chez l’oiseau, je ne vais pas plus loin ou fais marche arrière, tant pis pour la photo.

Peux-tu nous faire partager une anecdote particulière, croustillante, amusante, lors d’une sortie photo.

Chevêche d'Athéna (Athene noctua - Little owl)

Alors ce sera la dernière qui m’est arrivée, oh rien de rare du genre casse cou, mais rigolote : j’avais installé un affut pour la chevêche, dans une prairie, le long d’une haie. Une heure plus tard, j’entends… scroutch scroutch, scroutch, je jette un oeil à droite, et je vois les vaches qui s’approchent, une bonne dizaine… Jusque là ça va, et puis je n’ai pas peur des vaches, sauf que tout à coup, j’en vois 8 alignées à ma droite en train de m’observer à 2 ou 3 mètres. Cernée par les vaches j’étais.. ;-))
Alors je me dis, bah, vaut peut être mieux que je me montre, on ne sait jamais, et comme ça, elles vont s’éloigner… Ce n’est pas que j’avais peur, mais du style « pas très à l’aise » on va dire. J’agite alors ma casquette, je tape dans les mains, rien n’y fait. Elles continuent de me regarder fixement ! Arf, y a plus de respect de nos jours ;-))
Alors, ma foi, que veux tu que je fasse… je suis retournée sous mon filet.. Là dessus, j’ai mangé ma tartine avant que mes chevêches ne reviennent, et les vaches ont continué de brouter, on a « soupé » ensemble ;-) la vie quoi… :-))

Une question qui sera peut-être un leïtmotiv de cette rubrique : Billebaude, approche ou affût?

Bien j’aime bien tantôt la billebaude, tantôt l’affut, selon les espèces bien sûr, mais aussi pour varier les plaisirs.
J’aime l’affût pour me fondre dans l’environnement, n’écouter que la nature, et laisser l’oiseau venir à moi.. La billebaude pour saisir sur le vif ce qui se présente, le côté inattendu, et là, c’est moi qui vais vers eux, j’aime ça aussi.

As-tu des projets particuliers en tête dans un avenir à court, voir moyen terme? Exposes-tu en ce moment ou prochainement?

J’ai fait quelques expos cette année, c’était vraiment sympa. Ma prochaine ce sera en septembre dans le cadre du festival de l’oiseau et de l’optique à l’aquascope de Virelles (Belgique) puis le festival de la photographie animalière à Namur (Belgique) en octobre. Et pour 2010 une expo sur les nocturnes durant 1 mois de nouveau à l’aquascope de Virelles (Belgique). Voilà pour l’instant.

Ta photo préférée.

Hibou des marais (Asio flammeus - Short-eared owl)
Hibou des marais (Asio flammeus – Short-eared owl)

Certainement le hibou des marais, photographié en contre jour dans les polders fin 2008. Beaucoup d’émotions à observer cet oiseau magnifique, c’était une première pour moi et pour la région où il est venu en hivernage.

Je te laisse carte blanche pour la fin.

Ouf, la torture est terminée (rire). j’ai toujours un peu de mal à parler de moi. ;o)) Merci Fabien de m’avoir donné l’occasion de me prêter au jeu. Le petit mot de la fin serait un souhait : qu’on arrête de détruire notre belle planète, et que l’on conscientise enfin que nous avons une chance fantastique d’y vivre, alors respectons-là !


Retrouvez le monde et les photos de Nathalie sur son site internet Lueurs Sauvages : http://www.lueurs-sauvages.com/.

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    08/09

Interview TV de Vincent Munier

Dans « Bon baiser de France », Radio Canada

Exceptionnel! Interview TV de Vincent Munier donnée à Radio Canada dans l’émission Bon baiser de France.

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Cliquer pour aller sur le site de Radio Canada et voir l’interview

Vincent Munier aime les paysages nordiques, le froid et la solitude. Parcourant la planète et son monde sauvage, il est l’un des photographes animaliers les plus reconnus mondialement. L’exposition État sauvage dévoile une partie de son travail au public montréalais.

Vincent Munier est le seul photographe à s’être mérité trois fois le prix BBC Wildlife Photographer of the Year.

En première mondiale, l’exposition État sauvage est présentée du 6 août au 7 septembre dans une immense tente aménagée devant le Centre Bell.

Cela aurait été encore mieux si la présentatrice le laissait s’exprimer sans le couper.

P.S. : Merci Arno pour l’info!

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    07/09

Livre : Sur la piste du lynx d’Alain Laurent

Découvrir le lynx vosgien

Rares sont ceux qui ont vu des traces de présence du lynx dans les Vosges, encore plus rares sont ceux qui ont eu le privilège – car c’est un privilège – de l’observer dans notre beau massif. Alain Laurent lui le piste depuis plus de 20 ans et en est un des grands spécialistes. Sur la Piste du lynx est son dernier ouvrage, véritable guide du lynx vosgien, aussi bien destiné au naturaliste passionné du félin, qu’à l’amateur de vie sauvage ou au simple curieux aimant les belles histoires et les belles choses, aimant la vie.

Sorti aux Editions Saint-Brice, petite maison alsacienne, je ne peux que recommander ce livre qui est une réserve à rêves aussi bien qu’un ouvrage presque de terrain. Tout y est abordé, de la présentation de l’espèce, à son évocation dans l’histoire, en passant par les méthodes de pistage, la reconnaissance des empreintes ou les proies de ce maître des forêts. Et bien entendu, de nombreux récits de terrain tous plus palpitants les uns que les autres nous font espérer de le croiser nous même au tournant d’un sentier.
Une invitation au rêve.

Sur la Piste du Lynx - Alain Laurent
Sur la Piste du Lynx – Alain Laurent
  • Sur la piste du lynx
  • Auteur : Alain Laurent
  • Editions : Saint-Brice éditions
  • 168 pages
  • Prix : 29 € TTC
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    07/09

Petite visite chez les martins-pêcheur

A la fraîcheur de la Moselle

En ce samedi après-midi plutôt chaud – même si le temps c’est gâté plus tard – je suis allé sur la Moselle pour rendre visite aux martins (alcedo atthis – common kingfisher) sur mon bras de rivière favori.

Après une bonne heure et demi d’affût dans un bon mètre d’eau et d’uniquement entendre les flèches bleues sans les voir, je décide de remonter le courant pour essayer un autre coin, en amont où il y a un terrier (*). C’est sur ce chemin que j’ai rencontré un mâle de merle (turdus merula – blackbird) pas farouche pour un sou.

Merle noir
Merle noir (turdus merula – blackbird)

Je ne pensais pas le photographier, mais à mesure que je m’approchais dangereusement de lui, il ne semblait me prêter attention. J’ai donc vite fait saisi l’occasion pour deux photos à la va-vite.

A mon deuxième point d’affût, la chance m’a plus souri. Tout d’abord, j’inspecte discrètement le terrier, pas de doute, il y a une petite racine qui sort de terre en dessous avec de nombreuses fientes. Je décide donc d’affûter non loin, bien caché par une haute végétation. Des arbres juste derrière le bord sablonneux assombrissent l’endroit et apportent des perchoirs possibles pour les oiseaux. Et c’est exactement le cas quelques minutes après ma mise en place. Un martin se pose à une petite dizaine de mètres sous les feuilles. Pas de photos cette fois-ci, il n’est pas resté longtemps. Mais un peu plus tard, deux individus arrivent à peu de temps d’intervalle, quasi simultanément, inspectant l’entrée du terrier en vol stationnaire quelques secondes, pour ensuite se poser sur deux branches distinctes! Moment magique d’observation.

Ce n’est que plus tard que j’ai fait quelques clichés dans l’obscurité du feuillage. Instant impossible à photographier la dynamique requise dépassant les capacités techniques du matériel (rholala, quelle phrase!).

Martin-pêcheur d'Europe
Martin-pêcheur d’Europe (alcedo atthis – common kingfisher)

De plus les feuilles luxuriantes ont donné lieu à un joli jeu de cache-cache à énerver l’AF, qui a bien réagi tout de même.
D’un point de vue personnel, ma journée était gagnée. J’ai vu mes petites flèches. A la prochaine ;}

(*) Quitte à sonner rabat-joie, je rappelle qu’il n’est pas bien de photographier au nid et qu’il faut éviter au possible, à moins d’être loin et d’être très bien caché.

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