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05/09
Quand le matériel se prend pour son modèle
Plongeon du 400D en eau douce…
Il y a des journées où de belles choses passent devant vous alors que l’on n’en attendait pas tant. Mais cela ne dure jamais longtemps.
Parti en bord de Moselle en mon fief pour photographier le cincle plongeur (cinclus cinclus) repéré quelques jours avant, ce fût plutôt un festival qui est passé devant moi. En cerise sur le gâteau, un oiseau mythique que j’adore au plus haut point – et très photogénique – qui a honoré ma visite : le martin pécheur (alcedo atthis). Certes, je ne l’ai pas photographié, mais je sais qu’il habite ce coin.
Pour revenir au cincle, sujet de ma venue ce samedi, à peine arrivé sur les lieux qu’il me passait devant à tout allure. Cet oiseau de taille petite/moyenne aime les cours d’eau assez tumultueux peu profonds, mais assez pour qu’il puisse y plonger. Mon expérience me montre qu’on ne le trouve pas exclusivement dans les parties rapides, mais qu’il faut qu’il y en ait pas loin sur son aire de vie, qui peut mesurer jusqu’à 1km de bras de rivière.

Cincles plongeurs (cinclus cinclus)
En général, le cincle aime les eaux pures de montagne, mais encore une fois, j’imagine qu’il s’adapte aux misères causées par l’homme sur la nature et je le trouve en des endroits pas très jolis – mais tout est relatif, la pollution de la Moselle en haute vallée n’est pas la même qu’à Epinal. Pour le trouver, il suffit de prospecter les abords du cours d’eau où il y a des rochers avec des fientes qui dépassent de l’eau, car le cincle s’y perche pour scruter l’eau et littéralement plonge pour y trouver pitance (larves, insectes aquatiques, petits mollusques).

Cincle plongeur (cinclus cinclus)
Le cincle s’annonce plutôt bien. Son cri sec et bref se reconnait au milieu des mésanges ou des bergeronnettes. Il est bavard en vol au ras de l’eau et parfois perché sur son rocher où il se dandine de bas en haut (un peu à la manière de la chouette chevêche), ce qui peut être drôle à voir.
L’oiseau qui m’a le plus accompagné est sans conteste la bergeronnette grise (motacilla alba), plusieurs individus sautillant sur la cascade lisse à attraper à coups de bec les insectes et moustiques volant au dessus. Sportive!

Bergeronnette grise (motacilla alba)

Bergeronnette grise (motacilla alba)
Plus tard, je me suis replacé plus près de l’endroit où les cincles se sont posés (visible sur la première photo), au ras de l’eau, le siège dans les 25cm d’eau, le filet camouflage sur la tête. Très bel endroit, avec une belle lumière de fond. Après plusieurs heures, pas de cincles, était-ce plus leur endroit du matin? Toujours est-il qu’à ma grande surprise, un épervier d’Europe (accipiter nisus) est arrivé dans les grands arbres en face de moi à une trentaine de mètres.

Epervier d’Europe (accipiter nisus)
Il est resté environ 3 minutes et est reparti d’où il était venu sur ma droite. Je n’ai vu cela que sur la dernière photo que j’ai de lui en vol, mais il semblait avoir une proie dans les serres. En tout cas, belle rencontre ;}
Puis ce fût l’arrivée des canards. Deux femelles colvert (anas platyrhynchos), juste devant moi.

Canards colvert (anas platyrhynchos)
J’étais toujours au même endroit sous le filet lorsqu’elles sont arrivées en face de moi, à 30/40 mètres. L’approche des plus forts courants de la cascade – et donc de moi – les a dissuadé de s’approcher plus. Mais je suis content des photos obtenues.

Canards colvert (anas platyrhynchos)
Et l’impensable arriva. C’est là que cette journée qui devait se prolonger avec un affût du côté du coin au martin s’est arrêtée. Installant mieux mon siège dans l’eau pour me replacer plus près des cincles, j’entends un gros plouf derrière moi…. le trépied avec le 400D et le 300mm f/4 est tombé, entraîné dans le courant.. Je ne peux pas le croire! Je saute dans l’eau pour le récupérer avant qu’il ne dévale la cascade. L’ensemble est resté immergé une dizaine de secondes, j’ai rapidement enlevé les batteries, mais je ne me fais pas d’illusions… Le tout est resté au sec toute la nuit, y est encore maintenant avec du sel dans un carton (faute de sachets de silicate).
Peut-être sont-ce mes dernières photos pour un bon bout de temps si le matériel est HS.. Je suis dégoûté. Au pire l’électronique du 300mm est HS et je l’utiliserai en manuel, tout en demandant un devis de réparation qui doit être exorbitant. Quand au boîtier, entre l’électronique, la partie chambre, le capteur lui même, etc, ce serait un miracle s’il fonctionnait toujours…
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Un reportage bien sympa, agrémenté de belles images … même si ce sont peut-être les dernières du 400D. Il n’y a plus qu’à espérer au miracle …
Cdt,
Jma