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    10/09

Rencontre avec Jean-Marie Poncelet

Parlons photo animalière avec Jean-Marie

Trente ans de photos, des dizaines de milliers de déclenchements et une bonne connaissance de l’avifaune, Jean-Marie Poncelet n’est pas un petit joueur et cela se voit au premier coup d’oeil sur ses photos. Rencontre avec cet amoureux du chardonneret élégant en 13 points. C’est parti!

Bonjour Jean-Marie. Je connais tes photos par le biais du groupe Photofaune, mais peux-tu te dévoiler un peu plus?

Bonjour Fabien, je m’appelle Jean-Marie Poncelet, j’ai 55 ans et j’habite Grivegnée sur le dessus de Liège. Je suis ingénieur en construction, après quelques années dans le privé, je suis retourné sur les bancs de l’école pour enseigner des cours techniques théoriques en secondaire supérieur. Je suis marié… père de 3 filles (Caroline 27 ans, Annick 25 ans et Aude 15 ans) et propriétaire d’un bouvier des Flandres : Baloo.


Depuis quand pratiques-tu la photographie? Est-ce la photo qui t’a amené au monde animalier ou l’inverse?

J’ai commencé la photographie il y a une trentaine d’années mais uniquement de la photo souvenir (vacances, enfants, etc.) La photo animalière et principalement la photo d’oiseaux est venue fin 2004 où, lors d’une balade familiale j’ai photographié un canard en vol… ce fut le début d’une grande passion. Des oiseaux, je connaissais les passereaux grâce à mon grand-père qui pratiquait la tenderie… une activité courante dans ma jeunesse. Puis, pour pouvoir identifier, et mieux connaître le comportement des oiseaux, nous avons suivi avec mon épouse, Joëlle, une formation de deux ans en ornithologie de terrain. Cela m’aide énormément pour le repérage, l’approche et la reconnaissance vocale des espèces… Je dis souvent que les oiseaux on les voit d’abord avec ses oreilles.

Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus - Kentish Plover)

« (…) la reconnaissance vocale des espèces… Je dis souvent que les oiseaux on les voit d’abord avec ses oreilles. »

Quels sont tes sujets de prédilection? As-tu des coups de cœur ou des espèces que tu étudies plus particulièrement?

Vous l’aurez deviné… les oiseaux et plus particulièrement nos oiseaux, ceux de nos jardins, ceux qui vivent près de chez nous. Avec un intérêt particulier pour l’oiseau en vol.
Lorsque l’occasion se présente, parfois lors d’un affût, j’aime aussi photographier des mammifères (cervidés, mustélidés) ou alors, à la bonne saison, les papillons qui sont aussi des sujets intéressants.

Que contient ton sac photo? Petite description de ton matériel.

Je suis devenu canoniste un peu par hasard. C’est simplement parce que Canon a sorti le premier reflex numérique grand public le 300D à l’époque.
Maintenant, j’utilise comme boîtiers : un canon EOS 1D MKIII et un canon EOS 50D et mes objectifs de prédilection qui ne rentrent pas facilement dans mon sac : canon EF 500/4 L IS USM, canon EF 400/5.6 L USM canon EF 300/2.8 L IS USM avec en complément pour les paysages un canon EF 24-105/4,0 L IS USM

Quelle est l’importance du post-traitement dans ton travail? Retravailles-tu beaucoup tes clichés?

Je les retravaille, mais le moins possible. Oui : une correction des niveaux, un recadrage et une légère accentuation sont utilisés. Il m’arrive parfois d’éliminer un élément perturbateur du décor… mais il faut que l’image soit fidèle à ce que j’ai vu sur le terrain.

  • Machaon
  • Chevêche d'Athena (Athene noctua - Little Owl)

Beaucoup de gens et de jeunes se lancent dans la photo animalière aujourd’hui. Comment vois-tu la photographie de vie sauvage actuellement?

Le matériel se démocratisant c’est normal que la photo nature soit de plus en plus prisée. C’est un hobby sain dans cet environnement magnifique qu’est la nature mais il faut faire très attention à ne pas la perturber. Il ne faut pas franchir certaines limites pour faire LA photo du siècle… le respect de l’animal et de son environnement est pour moi indispensable.

Une question qui est un peu un rituel maintenant : peux-tu nous faire partager une anecdote particulière, croustillante, amusante, qui te serait arrivée lors d’une sortie photo.

Je vais vous parler d’une frayeur… J’étais accroupi le long d’un étang, caché dans les hautes herbes photographiant des jeunes Grèbes huppés quand je sentis dans mon oreille un souffle, une respiration haletante… Je me retournai doucement et me trouvai nez à nez avec un molosse… un gros Pitbull… Immédiatement j’ai une sueur froide… je me demandai à quelle sauce j’allais me faire manger. Heureusement, il était tenu en laisse et son propriétaire m’a directement rassuré en me disant qu’il était gentil… je pense qu’il avait vu ma tête pas très rassurée. Je n’ose imaginer ce qu’il se serait passé si le chien avait été seul…

Quelle est ta pratique de la photo animalière, es-tu plus billebaude ou affût?

Martinet noir (Apus apus - Common Swift)

Je fais souvent de l’affût dans ma voiture. Si les oiseaux ont peur des hommes il n’en est pas de même pour nos véhicules. Un filet de camouflage attaché à la portière pour être le plus discret possible et voici un affût de luxe.
Une autre pratique que j’aime beaucoup est l’approche. Lorsque je repère des oiseaux posés ou occupés à se nourrir j’essaye de m’en approcher le plus possible en faisant des photos à chaque mètre gagné sur eux. Cela ne fonctionne pas pour toutes espèces mais les passereaux comme les Chardonnerets, Tarins et autres Verdiers sont mes cibles privilégiées pour cet exercice.

De quoi est constituée ta photothèque? Connais-tu le nombre de photos et d’espèces que tu possèdes?

De mémoire je dirai 80% de photos d’oiseaux et le 20% restant pour les paysages, les insectes, les mammifères sans oublier les photos familiales.
Environ 200 espèces d’oiseaux pour les autres catégories je ne sais pas. Je dois avoir plus de 50000 photos mais je suis incapable de te donner un chiffre précis.

Livre, exposition, projet?

Je fais de la photo d’oiseaux par plaisir et pour le plaisir de partager ma passion de la nature et cela au travers de pas mal de forums ou de listes sur internet. J’ai des photos dans des revues, des livres et sur des sites Internet cela me satisfait pour l’instant.

Selon toi, qu’est-ce qu’une photo réussie?

Une photo réussie pour moi est un souvenir « papier » d’une rencontre, d’un évènement dont j’ai été témoin et que je vais pouvoir partager avec d’autres.

J’ai demandé à Jean-Marie de sélectionner une de ses photos favorites :

Chardonneret élégant
Chardonneret élégant (Carduelis carduelis – Goldfinch)

J’ai sélectionné l’espèce plutôt que la photo… le Chardonneret élégant qui est mon oiseau préféré. C’est un choix sentimental car ce passereau faisait partie de mon univers étant enfant.

Je te laisse carte blanche pour la fin.

Tout d’abord, je remercie Fabien pour avoir pensé à moi pour une interview. Je suis content que cela finisse, car je suis bien plus à l’aise derrière un réflex que derrière un clavier à parler de moi ;-).
Profitons de la chance que nous avons de pouvoir côtoyer la nature sous toutes ses formes et espérons que la folie des hommes ne nous prive un jour de cette beauté.


Retrouvez les superbes photos de Jean-Marie sur son site : http://www.jmponcelet.be/.

Plus d’infos sur les espèces photographiées par Jean-Marie :

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  • 12
    09/09

La bergeronnette des ruisseaux

Motacilla cinerea – grey wagtail

On peut aisément confondre la bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea – grey wagtail) avec la bergeronnette printanière (motacilla flava – yellow wagtail). Même tons jaune et gris, même élégance. A ceci près que la bergeronnette des ruisseaux a une bien plus longue queue et des pattes courtes qui tendent vers le rose, alors qu’elles sont noires chez les autres bergeronnettes. D’autres caractéristiques différent en fonction de la saison.

Bergeronnette des ruisseaux
Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea – grey wagtail)

Migratrice partielle, elle hiverne en Europe occidentale, toujours à proximité de l’eau, même en milieu urbain. On la reconnait sur un rocher, en bord de cours d’eau, au balancement de haut en bas de sa longue queue et même de l’arrière du corps. En période nuptiale, le mâle a une bavette noire bien marquée (que la printanière n’a pas). Cette bavette est bien moins visible car plus grisâtre chez la femelle et le jeune mâle. Le jeune quant à lui n’a pas de bavette.

Bergeronnette des ruisseaux
La longue queue de la bergeronnette des ruisseaux

Cette série de photos a été réalisée à la base lors d’une sortie martin-pêcheur. Celui-ci ne se montrant pas (ni même un cri), j’ai perdu patience au bout d’une heure d’affût. J’ai alors décidé de tirer le portrait des quelques bergeros présentes un peu plus loin :)
A peine installé, un martin arrive comme un fou de derrière moi. Tant pis pour lui. Ce sera une après-midi bergeronnettes.

Bergeronnette des ruisseaux
En bords de Moselle
Bergeronnette des ruisseaux
Toujours agile même dans une cascade glissante!

Le making-of ;)

making-of

D’autres photos de bergeronnettes et d’autres espèces en vrac dans l’album Oiseaux sur flickr.

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    08/09

Moineaux dans les arbustes

De l’activité devant mes fenêtres

Beaucoup de moineaux (passer domesticus – house sparrow) dans les arbustes devant mes fenêtres en cette fin d’été. Quelques fois certains posent bien en évidence sur une branchette, le temps d’une petite séance de prise de vue derrière la fenêtre ;)

Moineau
Moineau
Moineau

Tellement communs (quoi que dans les villes maintenant…) certains diront, mais tellement jolis.

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  • 13
    08/09

Randonnée bivouac sur 2 jours

Mittlach en point de base

Voilà des années que l’on voulait faire une bonne marche ensemble avec Alex. La distance, le temps, les opportunités, tant de paramètres qui font que l’on ne peut pas toujours finaliser les choses. Mais maintenant c’est fait et j’espère que ça se reproduira. Ci-dessous le récit de ces deux jours de crapahutage.

C’est donc en sa compagnie et également celle d’Arnaud – son gamin de frangin ;p – que nous avions décidé quelques semaines plus tôt de faire une boucle partant de Mittlach (68), montant sur les crêtes pour redescendre dans le petit village alsacien. Ceci sur 2 jours avec une sympathique nuit à la belle étoile aux 2/3 du parcours.

1er jour

Arrivés sur le parking du départ à Mittlach vers 9h mercredi matin, le soleil était déjà chaud et l’ascension terrifiante. C’est dans la boutade et la bonne humeur que les préparatifs se sont faits. Puis direction le GR5 à droite du pain de sucre du Burgkoepfle pour suivre la piste de la Wormsa jusqu’au petit lac de Fischboedle. Montée sans grande difficulté, alternant des passages de sous-bois avec de courts pierriers. La bonne humeur toujours de mise, les vannes fusaient ainsi que les déclenchements, la marche prenant une tournure de session photo de mode pour Décathlon ;o}
Petit arrêt au lac de Fischboedle, bien sympathique pour continuer ce bon GR5 vers le barrage du Schiessrothried et son lac. Beaucoup de monde là-haut déjà. Des randonneurs, des flâneurs, des baigneurs, des touristes, des coureurs d’altitude et une jolie bande de canards colverts (Anas platyrhynchos – Mallard) et j’en suis quasiment certain de souchets (Anas clypeata) sur le lac, malgré qu’il soit dit extrêmement rare en ces altitudes. Mais je ne suis pas expert. Nous en avons profité pour nous restaurer lors de cette petite pause, car la suite était l’un des passages redoutés.
La montée vers l’auberge du Schiessroth et le Petit Hohneck après les quelques kilomètres engrangés commence à sérieusement se ressentir. Et l’environnement humain n’était pas là pour nous aider car il y a eu pas mal de franches rigolades, en vrac : un gars avec un gros blouson d’hiver alors qu’il faisait 30°C (on l’a regardé avec de gros yeux), une marcheuse invétérée en grande avance sur ses amis avec qui ont a taillé le bout de gras en lui disant qu’on allait passer le message qu’ils devaient se dépêcher car la patronne n’était pas contente, des cris sur-aigus du genre « Ouuuhouuu, Moniiiiique! » que l’on a entendu plusieurs km après ;p Bref, cela faisait marcher les zigomatiques, mais bonjour les cuisses et les trapèzes!

L’auberge en vue signifiait la sortie des sous-bois et le cagnard dans la face. Midi approchait, en plein soleil le thermomètre devait dépasser les 35°C. Direction le Hohneck maintenant. Longue ascension classique plus ou moins régulière – façon de parler – les blagues fusaient déjà beaucoup moins, chacun attelé à maîtriser son souffle et à faire abstraction du chargement de nos sacs de plus de 20kg (matériel photo oblige).
Le Hohneck enfin! 1363m alors que nous étions partit quelques heures avant de 529m, joli. Mon seul rêve là-haut a été un soda bien frais, allez zou, un Elsass Cola, une première pour nous, très bon le cola alsacien au sucre d’Einstein et à l’eau de Soultzmatt.

Il était temps de continuer. Nous avions décidé de manger au dessus du décrochement des Spitzkoepfe, avec la jolie vue sur le Hohneck en face. Le temps était superbe, certes une chaleur étouffante, mais un ciel avec des trainées de nuages cassant la monotonie que je déteste tant des journées de ciel bleu. J’ai ainsi pu tester le nouveau filtre polarisant et j’aime plutôt le résultat, même s’il faudra apprendre à mieux le maîtriser.
Nous avons pu observer à distance quelques chamois en contrebas du Wormspel broutant la verte végétation sur des zones sans – trop – d’activité humaine.

Le repas pris, nous avons continué le GR531 vers le Kastelberg, le contournant par les prés du Tagweidle, ceci jusqu’à l’auberge du Ferschmuss (Fistmiss) où était notre camp pour la nuit.

Le bivouac

Nous avons établi le bivouac en bordure de forêt à une centaine de mètres du refuge (1192m), sur un petit monticule avec des roches dessus. Cela faisait très « forteresse » et était un spot pas mal pour les photos de nuit. Car les photos à la lumière de la lune, Arno et Alex ne s’en sont pas privés! Et quel résultat! Vraiment stupéfiant. A voir sur leurs comptes flickr (Arno et Alex).
J’oubliais de préciser que nous avons diné à l’auberge qui était blindée et pas super prête à nous accueillir….

La nuit a été sympa, une dizaine de degrés, un peu de vent, mais sans plus. Pas trop dormi, mais un réveil dans la bonne humeur. La recharge de gaz étant…. vide, pas de café ;P Mais des Babybel bienvenus.

2ème jour

Tout en nous restaurant, notre regard se portait fébrilement sur le Rainkopf (1305m) avec sa montée impressionnante annoncée à 15 minutes, la bonne blague! Sacs de couchage un tantinet séchés, sacs à dos fermés, le départ pouvait débuter. A mon grand étonnement, je n’avais rien aux cuisses. D’ailleurs, presque tout le long de ce deuxième jour, les deux acolytes m’ont pris pour un extra-terrestre à galoper sans gémir, alors que la veille j’ai plus morflé qu’eux, des crampes naissantes se faisant sérieusement ressentir à chaque grosse marche.
Pour revenir au Rainkopf, honnêtement, même en arrivant en voiture frais comme un gardon, 15 minutes est abusé, c’est un bon coup d’cul tout de même – en attestent les photos – on a du mettre 25 minutes au moins. mais la montée au petit matin est sublime, avec cette vue sur la vallée de Mittlach tout au fond, le lac d’Altenweiher. Que les Vosges sont magiques!

L’enfilade en ligne droite continuait sur le Rothenbachkopf (1316m) suivi du Batteriekopf. Le premier, avec sa montée infinie, le second vite fait. Nous nous sommes arrêtés pour regarder les crécerelles qui commençaient leur journée de chasse en vol stationnaire. Mais ils ont été vite gênés par les parapentistes, pour repartir beaucoup plus loin où le ciel est moins chargé. C’est fou le nombre de faucons crécerelles (falco tinnunculus – common kestrel) sur les crêtes, par dizaines et dizaines, c’est magnifique.

Avant le Batteriekopf (1311m), il y a eu discussion et malentendu sur le reste du chemin à prendre. Les deux frères voulaient descendre avant le sommet par un sentier descendant dans la vallée, passant par l’auberge du Steinwasen (1122m). Alors que j’avais depuis le début compris qu’on allait au col du Herrenberg pour descendre par le GR5. Les salopiots, ils voulaient couper! Nous avons fait un compromis en rejoignant le col et en prenant un chemin de versant (croix bleues) rejoignant le GR5 presque au bas. Mais quelle descente infinie et monotone. Et encore une blague du Club Vosgien alsacien, des 1200m du Herrenberg à Mittlach (529m) : 1h30. haha. La même blague en bas, annonçant l’ascension inverse pour 1h40, juste 10 minutes de plus que la descente. En mobylette peut-être.

Pour terminer

Une jolie marche pour découvrir le cœur des Hautes-Vosges et les crêtes, avec une première journée plutôt intensive. Peut-être trop pour moi qui suis beaucoup plus rando-nature que rando-sportive. Mais à plusieurs, c’est motivant.

L’album complet des photos se trouve ici et la version diaporama flickr, .

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